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TROP c’est TROP !NON à la censure, les Festivals d’Art de l’été 2024 doivent avoir lieu !



« Nous allons mobiliser plus 30 000 policiers et gendarmes par jour, pour tous les moments des JO. C’est-à-dire sur un gros mois. (...) La saturation de l’espace public par les forces de l’ordre sera, je crois, visible à l’œil nu. (...)
Evidemment pour nous l’important et la manœuvre c’est aussi l’annulation ou le report de tous les évènements en France qui demandent des unités de force mobile, qui demande la présence très forte de nombreux policiers. On pense à de grands festivals culturels, qui ont lieu pendant l’été. »

C’est ce que vient de déclarer le Baron Haussmann d’E. Macron, G. Darmanin ministre actuel de l’intérieur (octobre 2022) à la Commission des affaires culturelles, de l’éducation et de la Communication. Pour ceux qui n’en croient pas leurs yeux, voici le lien de l’intervention :



Cette fois, ce n’est plus la « guerre contre la COVID », qui justifia confinements, fermetures, couvres-feu, limitations de jauges, pass sanitaire, vaccinal...interdiction ou contrôle strict des spectacles pendant 1 an et demi mais, les JO 2024 ! Allez donc,


et après, quel sera le prochain prétexte pour censurer la création ?


Car c’est bien de cela qu’il s’agit ! Comme dès l’hiver prochain où des Théâtres pourtant publics ont annoncé leur fermeture en raison de l’envolée des prix de l’énergie, quand les galeries marchandes des grands groupes, encore elles, continuent d’inonder leurs produits de millions de KW/h incandescents. Même « reporter » les Festivals d’été, à un autre moment dans l’année, n’est pas acceptable. L’été, c’est aussi la aussi la période des congés annuels, qui permettent à nombre de salariés d’être spectateurs des Festivals. « Reporter » à tout autre moment les Festivals d’été, qui pourrait y participer ?!


Le ministre de l’Intérieur évoque les besoins de renforcement des équipes Police-Gendarmerie à l’été 2024 sur les sites des JO. En quoi les Festivals et ceux qui les portent sont-ils concernés par l’Armada que le gouvernement a décidée à cette occasion ? Nous n’avons pas besoin de forces de l’ordre pour partager avec nos publics, la population, notre travail, la littérature, la musique, la poésie, la danse. A moins que le gouvernement ne les surveille, nous surveille, comme il l’a fait au cours de l’été 2021 au prétexte du respect des prétendues mesures sanitaires. Les transports en commun restaient eux bondés aux heures d ‘affluence, sans véritable protection ni moyen exceptionnel pour alléger la densité des trains.


Les artistes, les techniciens, tous les professionnels du spectacle, les Compagnies indépendantes mais aussi les Institutions, le cinéma ont terriblement souffert des restrictions de 2020-2021. Aucune structure publique ni Compagnie n’a été dédommagée, ni perte de salaire compensée. Professionnels du spectacle, nous voulons comme tous les salariés vivre de notre travail et de nos Droits.


Notre travail, c’est partager les œuvres avec les publics.


Le ministre de l’intérieur, actuel, va jusqu’à menacer de couper les subventions à ceux qui désobéiraient : « Il ne s’agit pas de les [les festivals] interdire mais de pouvoir les reporter dans le temps, en lien évidemment avec les élus. Bien sûr nous avons ce travail en ce moment même pour que les programmations culturelles puissent être en cohérence avec l’argent dépensé. Je ne dis pas qu’il faut annuler absolument tous les évènements, mais en tout cas un certains nombres».


Le ministre, actuel, de l’Intérieur déciderait donc désormais des spectacles ? Dans quel pays ou à quelle époque sommes-nous ?


On se croirait en plein second Empire où « Napoléon le petit » selon l’expression fort appropriée de Victor Hugo, et son Préfet Haussmann autorisait ou interdisait, subventionnait ou asséchait, à son bon gré. Mais nous sommes en 2022, en République et revendiquons-nous, en démocratie.


En démocratie sociale aussi.


Comment accepter également que les salaires dans les établissements publics et Cies conventionnées n’augmentent pas prochainement à l’heure où chaque semaine, les prix flambent ? Les syndicats demandaient 8% à 10% d’augmentation des salaires ; les employeurs ont répondu : 0% et de renvoyer la responsabilité au ministère de la Culture. Ce n’est pas en 2023 que les salaires doivent augmenter, c’est maintenant, tout de suite, comme dans les Raffineries (7%), à EDF (9%) !


Face à cette situation, le Syndicat National Libre des Artistes Force Ouvrière, appelle les artistes interprètes, metteurs en scène et chorégraphes à se réunir en Assemblées avec leurs collègues techniciens, les personnels administratifs, de production, de communication d’accueil pour discuter de la situation et ensemble, décider de la riposte. Par la grève, les salariés des Raffineries ont obtenu 7% d’augmentation de leurs salaires, ceux de

EDF, 9%. Faudra-t-il en arriver là comme en 1988 ou en 2003, pour défendre notre pouvoir d’achat, nos emplois, nos outils de travail, les Festivals en 2024, la création ?


Le 2 novembre 2022



58- 02.11.2022. Trop c'est trop, NON a l'interdiction ou au report des Festivals 2024
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