Témoignage de Catherine Dubé Muntaner — Archiviste, représentante syndicale
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Je suis Catherine Dubé Muntaner, archiviste de métier et, depuis novembre 2025, représentante syndicale à plein temps afin d’honorer l’ensemble des mandats confiés par notre organisation.
Mandats :
Trésorière du syndicat des agents du département
Élue en instances CST et F3SCT au Département du Morbihan
Secrétaire générale du groupement départemental des services publics du Morbihan
Administratrice au CNFPT
Secrétaire de l’association des œuvres sociales sous la présidence de notre syndicat
Comment décrirais-tu ton parcours professionnel ?
Diplôme universitaire en poche, je voulais être fonctionnaire. Pourtant, j’ai commencé par huit années de contrats avant de réussir le concours et d’être titularisée.
Aujourd’hui, je suis cadre intermédiaire. Malgré une reconnaissance professionnelle réelle, je n’ai jamais bénéficié d’une promotion. Est-ce parce que je suis une femme, une mère de famille ou une militante syndicale ? Peut-être un cocktail des trois.
As-tu le sentiment d’avoir bénéficié des mêmes opportunités d’évolution et du même niveau de rémunération que tes collègues masculins ?
Dans la fonction publique, le principe est clair : à fonction égale, salaire égal. Mais, comme le dit le proverbe, le diable se cache dans les détails.
Les écarts apparaissent notamment dans les primes, qui peuvent être différentes et souvent moins élevées dans des métiers où les femmes sont sur-représentées.
La maternité a-t-elle eu un impact sur ton parcours professionnel ?
Dans mon parcours, je constate que, maman de trois enfants, je n’ai pas bénéficié de promotion. On m’a même dit que je ne faisais pas partie de « la vision du service ».
Après mon retour de congé maternité pour mon troisième enfant, je n’avais même plus de bureau. Le service avait conservé ma remplaçante sur ma fonction. Je n’étais plus associée à certains projets, notamment parce que je rentrais « tôt » pour récupérer mes « têtards ».
Mon supérieur hiérarchique m’a même proposé de bénéficier d’un dispositif de départ anticipé, au motif que j’avais trois enfants.
Devant mon refus, j’ai été confrontée à une forme de stigmatisation : refus de mes dates de vacances d’été, réunions organisées après 17 h, convocations envoyées tard le soir pour une réunion prévue le lendemain matin.
Ton activité professionnelle a-t-elle eu des conséquences sur ta santé ?
Entre la gestion de mes enfants, de ma carrière et le stress lié à cette stigmatisation, j’ai d’abord connu une dépression passagère, comme beaucoup de femmes dans des situations comparables.
Par la suite, j’ai développé une maladie auto-immune invalidante.
As-tu rencontré des freins pour accéder à des responsabilités ?
Après un nouveau refus de promotion en 2025, j’ai décidé de quitter ma fonction pour m’investir pleinement dans un domaine où mes compétences sont reconnues : l’action syndicale, dans laquelle je suis engagée depuis quinze ans.
As-tu déjà été confrontée à des situations de discrimination ou de harcèlement ?
Comme je l’ai évoqué, j’ai été victime de harcèlement et j’ai également subi une agression verbale en janvier 2025.
La direction n’a pas jugé utile d’organiser une médiation, malgré la proposition du psychologue du travail.
Qu’est-ce qui t’a amenée à t’engager auprès de FO ?
J’étais simple adhérente depuis 2002. Mon engagement a véritablement commencé en 2004, à mon retour de congé maternité après la naissance de mon troisième enfant.
Je revendiquais alors la possibilité de bénéficier de l’heure d’allaitement, et c’est FO qui m’a accompagnée dans cette démarche.
Depuis, je me suis toujours investie pour défendre les droits des femmes dans mon entreprise. Par exemple, en 2017, la prime annuelle était conditionnée au temps de présence, ce qui excluait les femmes en congé maternité.
Plus récemment, nous avons réussi à aligner certaines primes entre femmes et hommes, même si des inégalités subsistent. Dans une entreprise composée de 63 % de femmes, les dix plus hauts salaires comptent encore cinq hommes et cinq femmes, ce qui montre que les postes les mieux rémunérés restent encore très masculinisés.
Aujourd’hui, aux côtés de FO, je me bats pour défendre mes sœurs, pour assurer l’avenir de mes filles, et dans le respect des combats menés avant moi par ma mère.

FO56
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