PANORAMA DE LA CONSOMMATION ALIMENTAIRE EN FRANCE

Dernière mise à jour : sept. 1


Un individu en France ingère chaque jour environ 2,4 kg d’aliments, dont la moitié d’aliments solides et la moitié de boissons.


Parmi les aliments solides, on compte 2/3 de produits d’origine végétale (produits céréaliers, fruits et légumes) et 1/3 de produits d’origine animale (lait, viande principalement). La part des fruits et légumes importés dépasse 40 % pour certains produits tels que les tomates, les concombres, les pêches/nectarines et le raisin de table (hors agrumes et bananes non produits en métropole).


Ils constituent un des principaux postes de transport de denrées alimentaires, juste après l’alimentation animale. La consommation journalière de boissons (1 268 g/jour/personne) est dominée par l’eau ingérée dont la moitié est de l’eau en bouteille.


Le régime alimentaire est très variable selon les individus et les types de population. Grâce à l’enquête nationale sur les consommations alimentaires (INCA 2) réalisée par l’ANSES, nous pouvons connaître le régime alimentaire selon les caractéristiques sociodémographiques des ménages (âge, sexe, niveau de revenu, niveau d’études, localisation).

S’agissant de de la consommation de viande, il apparaît une grande dispersion dans la population. Les personnes modestes, les jeunes et les personnes âgées sont aussi celles qui consomment le moins de viande. L’étude INCA3, publiée en 2017, indique par ailleurs que les aliments sont de plus en plus consommés sous forme transformés : les légumes, les céréales, la viande, le poisson. La consommation de sandwiches, pizzas, et autres pâtisseries salées est également en augmentation par rapport à l’enquête INCA2. Par contre, la consommation de légumineuses est stable, elle reste marginale à moins de 10 g par jour. Les fruits et légumes et les poissons et crustacés sont les produits dont la part importée est la plus élevée, qu’ils soient frais, congelés ou transformés.


Pour les légumes et fruits les plus consommés selon l’enquête INCA2, la part importée des volumes commercialisés (tous usages) peut atteindre 40 à 50 % pour les légumes (tomates, concombres, courgettes). Les pommes sont essentiellement produites en France, mais c’est loin d’être le cas pour les autres fruits. Les agrumes et les bananes ne sont bien entendu pas produits en métropole. Pour les cinq autres fruits les plus consommés, les importations représentent entre 39 % (poires) et 74 % (raisins) des volumes commercialisés en France. Les importations viennent en complément de la production métropolitaine de pleine saison, avec des produits venus d’Espagne en mai/juin, et auparavant du Maroc ou d’autres pays en hiver. Elles assurent donc une consommation de légumes hors de la saison de production en France. Le même phénomène intervient pour les fruits. Près de la moitié des importations de fruits proviennent d’Espagne, des Canaries, des Baléares et d’Italie ; le reste vient de zones très diverses, souvent lointaines (Afrique, Amérique latine). Le pic d’importations se situe en décembre avec l’importation de 300 kt de fruits frais. L'étude INCA 2 révèle que l'assiette des Français adultes contient 44 % de glucides, 39 % de lipides, et 17 % de protéines. La ration calorique journalière recommandée se compose quant à elle de 50 % de glucides, 35 % à 40% de lipides et 15 % de protéines. Comparé aux recommandations, nous mangeons donc encore trop de lipides et de protéines et pas assez de glucides, notamment de glucides complexes apportés par exemple par le pain et les produits céréaliers. Source : « L’empreinte énergétique et carbone de l’alimentation en France de la production à la consommation », sous couvert de l’ADEME.


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QUEL BILAN POUR L’ÉTIQUETAGE NUTRITIONNEL ?


Pour mémoire, on rappellera que depuis l'adoption de l'arrêté du 31 octobre 2017, les distributeurs et les industriels du secteur alimentaire peuvent se conformer à un nouvel étiquetage comportant le Nutri-Score. Cet affichage rend compte de la qualité nutritionnelle des produits en les classant du vert foncé à l'orange foncé et selon une note de A à E. Ce dispositif n’est pas obligatoire. Trois ans après l'apparition du Nutri-Score sur les produits de consommation alimentaire, l'Observatoire de l'alimentation dresse un bilan du dispositif dont la vocation est double : inciter les populations à orienter leurs achats vers des produits plus sains et pousser les industriels à proposer une alimentation de meilleure qualité. En septembre 2020, 500 entreprises de l’agroalimentaire étaient engagées dans la démarche Nutri-Score, ce qui représente plus de la moitié des volumes de vente. 89 % des produits présentant cet affichage nutritionnel sont vendus en grandes et moyennes surfaces ou par des distributeurs spécialisés. La classe A (meilleure qualité nutritive) est la plus représentée (31,7 %) ; la classe E (moins bonne qualité nutritive) représente 9,6 % des produits. Ce sont les marques de distributeurs et les marques nationales qui apposent le plus régulièrement le logo sur leur produit, même si ces dernières « labellisent » davantage les produits les mieux classés. Si les marques nationales apposent ce logo principalement sur les emballages, les marques de distributeurs apposent le logo à la fois sur les emballages mais aussi en ligne (la proportion de produits classés A ou B est plus élevée pour les emballages que pour le e-commerce).


Globalement, la part de marché des produits étiquetés Nutri-Score est en progression constante même si cette progression est plus observée chez les marques des distributeurs qu'auprès des marques nationales. Sept catégories de produits qui figurent parmi les plus chargés en glucides, en sodium ou en lipides ne sont pas signalés par le Nutri-Score.

Parmi eux : les confiseries, les fromages, les produits apéritifs, les margarines…


L’AFOC souhaite leur intégration dans le dispositif. L’affichage du Nutri-Score est apprécié par les consommateurs. 93 % des personnes interrogées ont identifié le logo en septembre 2020 et 66 % savent à quoi il se rapporte. Pour un tiers des sondés, il est déterminant dans le choix des achats. Plus d’un Français sur deux dit avoir changé ses habitudes de consommation grâce à ce nouvel étiquetage. Le bilan souligne les effets bénéfiques sur la santé : les personnes consommant des aliments mieux classés présentent moins de risque de maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, cancers, asthmes...). Le logo est jugé facile à identifier et à comprendre par les populations, toutes catégories sociales confondues. Selon le sondage réalisé auprès des consommateurs, il améliore le consentement à payer pour des produits plus sains et diminue l’achat de produits de mauvaise qualité nutritionnelle. Depuis son adoption en France, ce système de classification a été suivi par six pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse).


En janvier 2021, une gouvernance européenne du Nutri-Score s'est également mise en place. Enfin, le programme national 2019-2023 prévoit que l’affichage du Nutri-Score soit étendu aux produits vendus en vrac et à l’alimentation dans la restauration hors-foyer.


Source : https://www.vie-publique.fr/