🔴Réforme des retraites et seniors demandeurs d’emploi : le paradoxe français 64 ans affichés… 67 ans dans la réalité pour certains
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- il y a 2 jours
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Des salariés devenus “trop vieux” avant même la retraite
Le recul de l’âge de départ à la retraite est souvent présenté comme une nécessité économique. Pourtant, cette réforme entre en contradiction directe avec la réalité du marché du travail.
Aujourd’hui, plus d’un quart des demandeurs d’emploi ont plus de 50 ans. Après 55 ans, retrouver un emploi devient extrêmement difficile pour de nombreux salariés, malgré leurs compétences et leur expérience.
Dans le même temps, seuls 42,4 % des 60-64 ans sont encore en emploi en France. Une réalité rarement évoquée dans le débat public.
64 ans affichés… 67 ans dans la réalité pour certains
Le paradoxe est évident :
- les entreprises écartent parfois les salariés dès 55 ou 58 ans ;
- mais le système exige désormais de travailler plus longtemps pour obtenir une retraite complète.
Officiellement, l’âge légal passe à 64 ans.
Mais dans les faits, beaucoup devront travailler jusqu’à 66 ou 67 ans pour éviter une décote, notamment les salariés ayant connu :
- du chômage ;
- de la précarité ;
- des temps partiels subis ;
- des carrières hachées ;
- des problèmes de santé ;
- ou des métiers pénibles.
Cette réalité touche particulièrement les travailleurs dont les parcours professionnels ont déjà été fragilisés par les transformations du marché du travail.
Quand les inégalités sociales réduisent aussi le temps de retraite
Cette réforme oublie également une autre réalité sociale majeure : l’inégalité face à l’espérance de vie.
Selon plusieurs travaux statistiques, un quart des hommes les plus pauvres meurent avant même l’âge de 62 ans.
Derrière les débats techniques sur les retraites se cache donc une question essentielle :
qui pourra réellement profiter de sa retraite… et pendant combien de temps ?
Les écarts restent considérables entre catégories sociales. Les ouvriers sont davantage exposés à la pénibilité, aux contraintes physiques, aux horaires décalés et aux risques professionnels. Ils présentent également un risque de mortalité significativement supérieur à celui des cadres avant l’âge de la retraite.
Réforme des retraites : vers une aggravation de la précarité
Le risque est clair : allonger la durée de travail sans transformer profondément l’emploi des seniors revient surtout à déplacer le problème.
Au lieu de créer davantage d’emplois stables, cette logique risque d’alimenter :
- le chômage de longue durée ;
- les arrêts maladie ;
- l’invalidité ;
- l’épuisement professionnel ;
- ou encore les retraites incomplètes.
Cette situation crée une zone de fragilité particulièrement violente :
trop jeunes pour partir à la retraite, mais déjà considérés comme trop vieux pour être recrutés.
L’expérience : une richesse sous-estimée
Pourtant, dans de nombreux secteurs, les seniors représentent un véritable facteur d’équilibre, de continuité et de transmission des savoir-faire.
Leur expérience permet souvent :
- une plus grande autonomie ;
- une meilleure capacité d’analyse ;
- davantage de recul dans la prise de décision ;
- une meilleure gestion des situations complexes ;
- une stabilité précieuse dans les équipes ;
- ainsi qu’une transmission essentielle des compétences.
À l’heure où certains métiers peinent à recruter durablement, écarter systématiquement les salariés expérimentés constitue également une erreur stratégique.
Pourquoi cette réforme continue d’être contestée
Si cette réforme a provoqué une mobilisation sociale aussi importante, ce n’est pas uniquement à cause du recul de l’âge légal.
Elle est également contestée parce qu’elle donne le sentiment d’ignorer plusieurs réalités :
- la difficulté d’emploi des seniors ;
- les inégalités d’espérance de vie ;
- la pénibilité de nombreux métiers ;
- l’usure physique et psychologique ;
- ainsi que la précarité croissante de certaines carrières.
Force ouvrière continue de défendre :
- l’abrogation de la réforme des retraites de 2023 ;
- le retour à la retraite à 60 ans ;
- le retour à 37,5 annuités de cotisation ;
- le maintien du système de retraite par répartition fondé sur la solidarité intergénérationnelle ;
- le refus d’un système par points ;
- le refus de la capitalisation ;
- la prise en compte réelle de la pénibilité ;
- le maintien des régimes existants ;
- l’indexation des pensions sur les salaires ;
- ainsi que de véritables politiques favorisant l’emploi des seniors.
Pour Force ouvrière, la question des retraites ne peut être dissociée de celle du travail, de la santé, de la pénibilité et de la justice sociale.
Car derrière les chiffres, une question demeure : une société peut-elle durablement demander aux salariés de travailler toujours plus longtemps tout en les considérant parfois déjà comme “trop vieux” bien avant la retraite ?
Sources
Force Ouvrière – Résolution sociale 2026 (retraite à 60 ans, 37,5 annuités, maintien de la retraite par répartition)
Force Ouvrière – Réforme des retraites : FO demande l’abrogation
Force Ouvrière – Le Congrès exige toujours l’abrogation de la réforme des retraites
DARES – Les seniors sur le marché du travail en 2024
INSEE – Inégalités sociales face à la mortalité
Le Monde – D’où vient le chiffre selon lequel un quart des hommes les plus pauvres meurent avant la retraite ?
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2023/01/19/25-des-plus-pauvres-meurent-avant-la-retraite-d-ou-vient-ce-chiffre-et-quelles-sont-ses-limites_6158543_4355770.html�
France Travail – L’emploi des seniors : une priorité
https://www.francetravail.org/accueil/actualites/infographies/2025/l-emploi-des-seniors-une-priorite-pour-france-travail.html�
INSEE – Emploi des seniors en France et en Europe

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