⚖️Votre employeur peut-il appeler votre médecin ?
- FO 56

- il y a 3 jours
- 3 min de lecture

⚖️Ce que dit la loi
Une interdiction stricte pour protéger votre vie privée et le secret médical
En France, le respect de la vie privée et le secret médical sont des piliers fondamentaux de la relation de travail. Un employeur ne peut en aucun cas contacter le médecin traitant d'un salarié pour obtenir des informations sur son état de santé ou sur les propos tenus lors d'une consultation,. Le secret médical protège tout ce que le médecin a appris dans l'exercice de sa profession : ce qu'on lui a confié, mais aussi ce qu'il a vu, entendu ou compris.
Même si l'employeur soupçonne une fraude, comme un arrêt de travail antidaté ou des propos inexacts tenus par le salarié, il n'a aucun motif légitime pour court-circuiter les règles,. S'il tente d'obtenir ces informations, il s'expose à des sanctions pénales pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.
Les conséquences d'un tel appel pour l'employeur
Si un employeur utilise des informations obtenues auprès du médecin traitant pour justifier un licenciement, ce dernier sera déclaré nul par les tribunaux,. Cela signifie que le licenciement est considéré comme n'ayant jamais existé. Dans ce cas, le salarié peut demander sa réintégration dans l'entreprise avec le paiement des salaires perdus, ou préférer une indemnité minimale égale à six mois de salaire. Cette nullité s'applique dès lors que l'atteinte à la vie privée est constatée, peu importe si l'employeur avait d'autres reproches valables à faire au salarié.
Que doit faire l'employeur en cas de doute ? Si un employeur juge qu'un arrêt de travail est irrégulier, la loi prévoit des procédures spécifiques. Il doit s'adresser à la CPAM pour demander un contrôle ou mandater un médecin pour effectuer une contre-visite médicale à ses frais. Pour toute question relative à l'aptitude au poste, son seul interlocuteur autorisé reste le médecin du travail.
--------------------------------------------------------------------------------
Les textes de loi à retenir
Voici les références juridiques essentielles qui protègent les salariés dans cette situation :
• Le secret médical (Code de la santé publique) :
◦ Article L 1110-4 : Il établit que le secret médical est institué dans l'intérêt du patient et protège sa vie privée.
◦ Article R 4127-4 : Il précise que le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans son exercice.
• La protection de la vie privée :
◦ Article 9 du Code civil et Article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme : Ils garantissent à chacun le droit au respect de sa vie privée, ce qui inclut l'état de santé.
◦ Article L 1121-1 du Code du travail : Il interdit de restreindre les droits des personnes et les libertés individuelles de manière non justifiée ou disproportionnée au travail.
• Les sanctions et réparations (Code du travail) :
◦ Article L 1235-3-1 : Il prévoit qu'un licenciement lié à la violation d'une liberté fondamentale (comme la vie privée) entraîne une indemnité d'au moins six mois de salaire si le salarié ne demande pas sa réintégration.
◦ Article L 1235-2-1 : Il précise que le juge doit examiner tous les motifs de licenciement, mais que la nullité pour atteinte à une liberté fondamentale prévaut pour garantir le "plancher" des six mois d'indemnisation.

FO56
📱02 97 37 66 10
📍3 Boulevard Cosmao Dumanoir 56100 Lorient
⌚ du Lundi au vendredi de 09:00 à 12:00 de 13:30 à 17:30










