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En grève à partir du 14 octobre : les internes ont raison.


Comment peuvent-ils se former dans ces conditions ? Comment sera assurée la médecine de demain ?

Le 3 septembre, le SNMH FO dépose un préavis de grève à durée illimitée à la demande des internes de Grenoble qui ont sollicité le syndicat pour les protéger. Le préavis est proposé à titre conservatoire. En effet, par carence de médecins, les internes ne veulent pas exercer seuls aux urgences. Le préavis est ainsi libellé :


« les médecins et les internes veulent pouvoir exercer leur droit de retrait et bénéficier de la protection fonctionnelle à laquelle ils ont droit compte tenu des situations concrètes et des conditions d'exercice aux urgences sur le CHU de Grenoble, sur les deux sites censés être accessibles aux patients 24/24. En effet ces conditions mettent en danger les patients et les professionnels de santé. »

La presse se fait régulièrement l’écho de soi-disant « erreur » et « retard » aux conséquences dramatiques. Il ne s’agit pas pour nous de cela, il s’agit d’un défaut de moyens, lui-même résultat d’une politique. Il s’agit du résultat d’une politique de trente ans organisant la constante déstructuration du tissu sanitaire et médicosocial.


La qualité des prises en charge et de l’encadrement est directement liée à la solidité et à la stabilité de l’équipe médicale et paramédicale du service. Les recours aux mobilités intra hospitalières et géographiques, la territorialisation des ressources médicales et paramédicales, le recours massif à l‘intérim médical et paramédical ne peuvent constituer une organisation pérenne.


Ils constituent, au contraire, des facteurs de dégradation des conditions de soins pour les patients, des facteurs de dégradation des conditions d’enseignement et d’encadrement pour les internes, des facteurs de prise de risque et d’inconfort pour l’ensemble de l’équipe « titulaire » médicale comme paramédicale. Ils sont le terreau de la fuite des personnels et des futurs médecins. Le SNMH FO s’associe également à l’exigence du respect du droit de grève et des règles d’assignation.


Loin de constituer une aggravation du problème de l’offre de soins, la grève des internes est un point d’appui pour tous les médecins pour s’unir et unifier les revendications, afin d’entamer une reconstruction qui doit commencer par l’abrogation des dispositions légales qui nous ont désorganisés à ce point.


Le SNMH FO appelle les médecins à se réunir en toute indépendance à cette occasion pour obtenir :


- Le respect du temps de travail des internes et du droit de grève,

- Le refus de l’allongement des études médicales : quatrième année sous payée en dehors de l’hôpital,

- L’Abolition du Numerus Clausus source de la catastrophe organisée depuis 50 ans, poursuivie par la régionalisation,

- La garantie des conditions d’encadrement des médecins en formation,

- La titularisation des médecins et des personnels paramédicaux et administratifs dans un service : FORMER, RECRUTER, NOMMER,

- Le respect des temps de repos, de formation, du ratio patients/soignants,

- La Revalorisation des salaires, des indemnités de garde, des astreintes et du temps de travail additionnel de l’ensemble des personnels hospitaliers

- L’intégration dans le calcul de la retraite des indemnités de gardes et d’astreinte,

- L’octroi des quatre années d’ancienneté pour les praticiens hospitaliers nommés avant le 1er octobre 2022,

- La réintégration de tous les médecins et personnels suspendus,

- Le retour aux inscriptions libres en école de santé nécessitant l’abrogation de Parcours-sup.

Cette sécurisation des conditions d’exercice permettrait à terme d’éradiquer le recours à l’intérim médical devenu aujourd’hui proche de l’exercice forain,

Adopté à l’unanimité du congrès des 7 et 8 octobre 2022 à Paris