• FO 56

🔎👀2/2 Retour du Meeting d'Automne UDFO56 - Discours de Rachèle Barrion

Nous sommes la pour faire un point sur la situation sanitaire et ses conséquences économiques et sociales.



Mes camarades, ne nous trompons pas de combat... Quand certains essayent de nous diviser via les pro ou contre vaccination, FO défend tous les salariés qu’ils soient vaccinés ou non. Nous refusons que les salariés puissent être stigmatisés et faire l’objet de discriminations et se retrouvent aujourd’hui pointés du doigt et menacés de mise à pied sans salaire alors qu’une grande partie d’entre eux ont continué de travailler depuis le début de la pandémie, au risque de leur vie. Cette division nous dessert, nous affaiblit. Il est temps de réaffirmer nos vraies revendications.

La pandémie est mondiale, ses conséquences massives. En 2020, 114 millions d’emplois ont été supprimés dans le monde, estime l’OIT. En France, 360000 emplois ont été détruits, les femmes et les jeunes ont été les plus touchés. Après plus de 20 mois de pandémie et malgré les nombreuses restrictions sanitaires qui affectent durement l’activité en général et portent atteinte de fait à l’action syndicale telles que la possibilité de réunions, d'informations et de contacts avec les salariés, de manifestations, les syndicats et militants FO n'ont jamais baissé et ne baissent pas la garde.

Nous condamnons toutes les sanctions contre les salariés mise en place dans la Ioi du 5 août 2021 dont la suspension de contrat de travail et de salaire. Nous ne sommes pas dupes, cette loi instaure sanctions et restrictions de liberté aux travailleurs. Les salariés ne sont pas responsables de cette crise. Ils n’ont pas à subir les conséquences.

Nous nous opposons à ce que la situation sanitaire soit utilisée par le gouvernement et le patronat pour accélérer la remise en cause de droits des salariés et des garanties collectives.

À FO, nous revendiquons depuis des années de faire de la santé au travail un droit fondamental à tous les niveaux y compris à l’international. Cette revendication demeure plus que jamais d’actualité.

Elle appuie celle de doter les services de santé au travail, l’hôpital bien sûr, comme tous les établissements associés, les EHPAD notamment, des moyens, lits, médicaments et matériels et des effectifs indispensables pour répondre aux besoins de la population.

Nous l’affirmons et le revendiquons il s'agit de rompre avec les politiques de rigueur qui réduisent le service public à une dépense. Cela vaut pour l’ensemble des services publics et de la fonction publique. La confédération apporte son soutien à ses syndicats mobilisés contre les fermetures de services et les suppressions d’emplois à l’hôpital et dans les différents ministères confrontés à des restructurations, contre les fermetures de classe dans l’éducation nationale.

Aux cotés de ses fédérations et syndicats mobilisés, la confédération, avec ses Unions Départementales, Fédérations et Syndicats, sont aux cotés des salariés des entreprises, grandes ou petites, pour la défense des emplois et des salaires.

Certains pourront souligner que les périodes ne sont pas comparables, que les niveaux de vie sont différents, et pourtant...

D’autres diront que nous traversons une crise sanitaire d’une ampleur inégalée, que le moment n'est pas à revendiquer, et pourtant... Le coût de la crise estimé est estimé pour 2020 - 2021 à 330 milliards. Chaque année les aides aux entreprises et la fraude fiscale représente près de 100 milliards d’euros. L’exonération des cotisations sociales et fiscales près de 140 milliards. Faites le calcul mes camarades, cela représente plus des 2/3 de cette crise !

Nous n avons eu de cesse de mettre en garde contre l’absence de conditions et contrôles en contrepartie des aides publiques dont ont bénéficié et bénéficient les entreprises, dont certaines n'hésitent pas dans le contexte actuel à mettre en oeuvre des restructurations et

des délocalisations d’activités qui se traduisent par des suppressions d'emplois, n’ayant d autres justifications que l’amélioration de la rentabilité en faveur des actionnaires.

La Confédération renouvelle sa revendication que toute aide publique soit soumise à conditions, contrôles et sanctions. Au titre des sanctions doivent figurer l’interdiction des licenciements et des versements de dividendes.

Gros actionnaires et fonds d’investissement vont bénéficier de dividende record, en pleine pandémie. Nous battons les records de 2019. Près de 60 milliards de bénéfices enregistrés au premier semestre 2021 pour les sociétés du CAC 40 à comparer aux 37 milliards de profits sur l’ensemble de 2020, une hausse de 52 0/ par rapport à l’année dernière, enterrant toutes les promesses de «modération des dividendes » pendant la pandémie de Covid-19.

"Vous avez besoin d’argent, je vous en donne"


Prêts garantis, chômage partiel, fonds de soutien, aide au financement sur les marchés, reports de charge, apports en capital, plan de relance...Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les aides publiques ruissellent sans limite sur le secteur privé! «C’est dans ces moments de crise qu'il faut profiter de l’argent de l’État, croyez-moi ce n’est pas tous les jours que vous verrez un ministre des Finances vous dire : vous avez besoin d’argent, je vous en donne ! » s’enflammait Bruno Le Maire devant un parterre de patrons en octobre 2020. Le ministre de l’économie ne cesse devant et la reprise économique pour mieux stopper le quoiqu'iI en coute. Alors qui dit croissance, dit augmentation des salaires et du point d’indice puisqu'il y a du grain à moudre ! Les salaires sont et demeurent le point de convergence pour tous les salariés. Ne dit-on pas que FO est le syndicat de la fiche de paye !!



De même nous constatons la flambée des prix (+ 9% pour le gaz) mais toujours des faibles salaires.

Depuis la rentrée, il est choquant de voir les étudiants faire la queue devant les banques alimentaires, les soignants sont épuisés par un système hospitalier asphyxié depuis des années (pour rappel, 100 000 lits ont été supprimés en 20 ans soit 9 milliards d’euros d’économie), les caissières et toutes les autres premières de corvée attendent toujours d’être revalorisées, les services publics s'étiolent par manque de moyens, le monde de la culture dépérit, les petites entreprises et le secteur non lucratif souffrent, tout comme l'essentiel des salariés, tandis que les pauvres s'appauvrissent et les précaires se précarisent. Le CAC40, lui, bat des records de valorisation boursière, va une nouvelle fois verser des dividendes massifs malgré la poursuite de la pandémie, et profite toujours d'un soutien inconditionnel des pouvoirs publics.



En 2020, 100 % des multinationales du CAC40 ont touché des aides publiques liées au Covid-19. Y compris les 26 d’entre elles qui ont versé un généreux dividende en 2020. Parmi elles, Carrefour, LVMH, Veolia ou Vinci, ont profité du chômage partiel, payé sur fonds publics, pour rémunérer Ieurs salariés.

60 milliards, c'est plus que I'ensemble des dépenses de personnel annuelles des hôpitaux publics (soit les rémunérations de 1 million de personnes, soignantes et non soignantes) ! 60 milliards, cela équivaut également à construire près de 1 500 lycées d’un millier de place. Cela représente aussi plus d’un millier de fois le montant du plan d’aide au secteur culturel !

De cette crise sortira des « gagnants - gagnants » quand d’autres perdent chaque année un peu plus encore.



La Confédération alerte et met en garde contre le retour des mêmes politiques de rigueur et d’austérité : elle ne laissera pas le « quoiqu’iI en coûte » se transformer en « quoiqu’iI en coûte aux travailleurs ».

Ce n'est pas aux travailleurs, aux services publics, à la protection sociale de supporter le coût de la crise sanitaire et économique. Je rappelle aujourd’hui que les cotisations sociales ne représentent plus que 56% des recettes de la sécu, le reste c’est de la CSG et de la TVA.

La crise sanitaire démontre elle-aussi que les plus touchés restent les plus précaires et les plus fragiles comme les jeunes et les plus âgés. Le progrès d’une société n’est-il pas mesuré par le fait de prendre en compte les plus fragilisés ?


Et puis en ce mois de novembre, on nous parle du projet de la Grande Secu, alors de quoi il s’agite exactement. Le HCCAM doit rendre un rapport sur des propositions (fusions de caisses, rapprochement sécurité sociale et mutuelle). Alors pour y voir plus clair, revenons en arrière et expliquons le pourquoi du comment.



La secu c'est près de500 milliards de recettes (cotisations et CGS, TVA), l’ETAT lui, c'est près de 300 milliard. On comprend mieux l’appétit féroce de vouloir s’accaparer ce budget. Mais le projet de la grande Sécu, dans ce qui est annonce par les médias ne concerne que l’assurance maladie (250 milliards d'euros de budget) déjà financé totalement par la CSG. Et qui dit CSG, dit impôts et qui dits impôts dits Etat. Et l’Etat peut décider à tout moment du fléchage de ce budget... la guerre en Syrie en lieu et place du remboursement de la maladie, de la construction d'un hôpital etc. Donc il nous faut être plus que vigilant au kidnapping par l'Etat de son budget et de ce qu'il en fera.



Comme ca, a entendre les médias, le remboursement des soins à 100%, ca fait progrès social, mais en réalité !! regardons chez nos voisins anglais. Leur système de santé est totalement étatisé. Ils n’ont pas le choix du médecin et la politique du moindre coût amène à prodiguer une médecine à minima. Pour les plus de 65 ans, certains soins ne sont plus prodigués. Donc oui, pour un remboursement à 100% par la sécurité sociale mais dans le cadre du paritarisme. Et mais camarade, si la sécu devient totalement étatisé alors dans ce cas, FO perd son ADN, et le mot confédéré n’a plus de sens.